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MICHEL DE BRUXELLES

MICHEL DE BRUXELLES

Prenez du rire, des larmes, un soupçon de réflexion, des coups de coeur ou de colère, de l'étonnement, de l'abattement, du social, des infos marrantes, insolites, scientifiques, people, sérieuses. Mélangez le tout et découvrez mon blog qui se veut tout public.

Publié le par

"LA GRANDEUR D'UNE CIVILISATION SE MESURE A LA PLACE QU'ELLE FAIT A SES VIEUX", disait l'économiste Alfred Sauvy.
IL SEMBLE QUE LE DECLIN DU -VIEUX- CONTINENT EST EN BONNE MARCHE, MALHEUREUSEMENT.

"Parmi toutes les brimades que j'ai subies, ce qui m'a heurté le plus, nous dit Claude Pletinckx, c'est de ne pas exister en tant qu'individu dans la maison de repos".
Difficile à accepter pour cet homme brillant, qui a eu un parcours professionnel riche le conduisant aux quatre coins du monde.
   

Cloué au lit depuis 4 ans à cause d'une myopathie généralisée qui provoque une asphyxie lente des muscles, c'est par son esprit qu'il vagabonde de continent en continent avec l'aide de la télévision et les livres qu'il dévore chaque jour car c'est sa seule distraction qu'il possède dans la maison de repos.
"Selon les médecins, j'aurais dû vivre jusqu'à 50-55 ans. J'en ai 72, donc je ne devrais pas me plaindre."

Provenant d'une famille aisée et ayant lui-même bien bossé, Claude a pu se permettre une maison de repos "aisée", disent les gens mais...avec une liste d'attente de plus d'un an et 2000 euros par mois en plus des 1000 euros à charge de la mutuelle.

"Qui pourrait se permettre cela? C'est très cher. J'ai dû vendre ma maison en France et trouver un logement en Belgique à ma femme. Aujourd'hui, on vit sur nos économies."
Alors qu'il s'attendait pour ce "loyer" 3 étoiles à recevoir un accueil chaleureux, Claude, dès le premier jour, a eu une "douche froide".
"La salle de bain était sale. A midi, mon premier repas était servi froid. Si le menu ne plait pas, on a droit à du fromage et un peu de charcuterie. Le pire, c'est la nuit : il n'y a qu'une infirmière et une aide-soignante pour tous les résidents. Elles sont débordées. Alors oui, on sonne dix fois sans que personne ne réponde, oui, des résidents restent avec leur lange sale jusqu'au lendemain matin,... Ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais que peuvent-elles faire à deux?
Récemment, on a conduit une dame, souffrant d'hypoglycémie, aux urgences en pleine nuit alors qu'il suffisait de lui faire une piqûre. Depuis 10 ans, elle n'avait jamais quitté la maison de repos et là, elle se retrouvait dans des salles d'urgence d'un hôpital où elle a attendu durant 8 heures. Le choc pour la malheureuse. N'y a-t-il pas des quotas de personnel pour les maisons de repos? Pourquoi si peu d'inspecteurs pour les contrôler? Je n'en veux pas au personnel dévoué qui gagne 1.200 euros nets par mois pour un boulot crevant, mal considéré et qui fait de son mieux".

"Au début, on m'autorisait à fumer dans ma chambre. Suite à mes nombreuses réclamations, la direction a voulu m'interdire cette faveur "fumante" avant de recourir au tribunal pour m'expulser. Finalement, malgré le jugement, j'ai pû rester dans la maison de repos en rallongeant 25 euros par jour de dédommagement".

Tout cela n'a plus d'importance désormais car Claude ne supporte plus cette existance.

"Ma journée se résume à cela : on me réveille à 9h30. A 10h, on me dépose sur une chaise percée et on fait mon lit. Puis on me nettoie comme un bébé. On me remet sur le lit. Tout cela n'a pas de sens".

Sa décision est prise, il a choisi l'euthanasie.
   

"Cette semaine, avant de partir, j'espère que je pourrai contribuer à lever l'omerta qui pèse sur les maisons de repos. Tout le monde est plus ou moins complice. Les pouvoirs publics qui privatisent faute de moyens, les sociétés privées qui font des bénéfices colossaux,... les familles qui n'osent pas se plaindre de peur de se retrouver avec la vieille à la maison. On n'est pas, heureusement, au stade de la maltraitance physique des gens. Pas encore...".

Claude lance cette bouteille à la mer dans l'espoir que des responsables politiques s'emparent de ce dossier et osent, enfin,
mener une enquête parlementaire qui puisse améliorer les conditions de vie de nos vieux. "C'est naïf, n'est-ce-pas? Adieu".

                                  Pour le journal Vlan
                                      http://vlan.be

                                       Mustafa ER


               Article similaire dans ce blog en date du 18/3/2012
                      "Traitement impudique envers nos vieux"

 



 

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